La Plaine d’Asnières-Colombes

publié le 3 février 2014 (modifié le 23 juin 2015)

Dans un continuum urbain disposant de peu d’accroches naturelles, la plaine d’Asnières-Colombes sillonnée de voies ferrées, associe villages, ville haussmannienne et zones pavillonnaires.

Gare de Bécon-les-Bruyères  en grand format (nouvelle fenêtre)
Gare de Bécon-les-Bruyères
Les voies de chemin de fer créent, dans le tissu urbain assez resserré, une respiration et une ouverture sur le ciel.

Carte de la sous-unité de la Plaine d'Asnières-Colombes  en grand format (nouvelle fenêtre)
Carte de la sous-unité de la Plaine d’Asnières-Colombes

Limites et voisinages

La différenciation des tissus détermine la création de la sous-unité de la Plaine d’Asnières-Colombes au sein de l’unité de la boucle : associant villages anciens, îlots fermés et secteurs pavillonnaires, elle se différencie de ses voisines où dominent soit les zones d’activité, soit les grandes cités de tours et de barres.
La RD 992 à l’ouest et la RD 19 à l’est dessinent assez nettement les limites entre les tissus.
Les transitions se font plus progressives au nord, où les formes urbaines des tours et barres succèdent aux pavillons, et au sud, où la sensation du relief du coteau et le ressenti de la Seine déterminent l’entrée dans la sous-unité de la Seine des belvédères.

Motifs et compositions du paysage

Carte de localisation des coupes et des principaux axes (en jaune) en grand format (nouvelle fenêtre)
Carte de localisation des coupes et des principaux axes (en jaune)

Coupe 2, NNW-SSE, Gennevilliers-Paris  en grand format (nouvelle fenêtre)
Coupe 2, NNW-SSE, Gennevilliers-Paris
Sur le socle commun de la boucle, ce sont les tissus bâtis (hauteurs, continuités, alignements) qui différencient la sous-unité de la Plaine d’Asnières-Colombes de sa voisine au nord (Franges de l’A86).

Coupe 3, NW-SE, Bezons-Levallois-Paris  en grand format (nouvelle fenêtre)
Coupe 3, NW-SE, Bezons-Levallois-Paris
Au cœur de la boucle et dans la sous-unité de la Plaine d’Asnières-Colombes, on note de grandes variations des tissus urbains : pavillons au nord, tissus proches du modèle haussmannien au sud, entre les deux, un secteur d’activités actuellement en mutation à l’automne 2013. Les voies de chemin de fer coupent les tissus à plusieurs reprises.

Coupe 5, NE-SW, Bois Colombes- Saint-Cloud.  en grand format (nouvelle fenêtre)
Coupe 5, NE-SW, Bois Colombes- Saint-Cloud.
Le contraste peut être très vif entre les quartiers de la Plaine d’Asnières-Colombes dont les gabarits dépassent rarement le velum parisien, et le quartier de la Défense. Si ce contraste valorise l’effet de repère du quartier d’affaire, il peut aussi s’avérer écrasant.


La nature dans les jardins et dans le ciel

Parmi les éléments de nature, la végétation des jardins et des rues semble la plus notable, et le ciel peut apparaître comme une référence naturelle quand un dégagement plus important lui donne davantage de présence, comme au-dessus des voies ferrées. Des traces du passé agricole et naturel ne restent que les orientations parcellaires. Le tracé de la garenne est maintenant celui de la ville de la Garenne-Colombes où les parcelles ont gardé peu ou prou les dimensions et orientations des anciennes cultures. De petits passages hérités du passé agricole apportent encore à certains quartiers pavillonnaires une note caractéristique d’échelle et d’ambiance. Le sol plat de cette partie de boucle n’offre pas d’accroche notable, et le territoire ne présente pas de motifs naturels marquant (ni ruisseau, ni forêt, la garenne de Colombes a totalement disparu).

« La seule survivance de la période agricole est la configuration de la trame foncière avec des propriétés, notamment sur les coteaux, qui sont des propriétés en lanière, serrées étroites. »
[Extrait d’entretien, Patrick Chaimovitch, maire adjoint à l’urbanisme et à l’aménagement de Colombes]

Dans l’ensemble, ce territoire est éloigné des motifs majeurs du socle naturel, et ses ambiances reposent surtout sur les dispositions urbaines.

Carte du relief   en grand format (nouvelle fenêtre)
Carte du relief
Le territoire ne disposant pas de fortes accroches topographiques (le sol est plat, il n’y a pas de cours d’eau…) les paysages reposent surtout sur les formes urbaines.
Carte de la végétation de la Plaine d'Asnières-Colombes  en grand format (nouvelle fenêtre)
Carte de la végétation de la Plaine d’Asnières-Colombes
Il ne reste rien de la garenne en termes de végétation. La carte révèle l’importance de la végétation des jardins des secteurs pavillonnaires, en contraste avec les zones industrielles voisines.
















Une vaste nappe urbaine faite de divers tissus

Dans le « continuum urbain » qui caractérise la sous-unité, se côtoient plusieurs types de tissus, qui présentent des échelles et des ambiances diversifiés.

Au sud-est, vers Paris, on reconnaît l’organisation et les échelles haussmanniennes (îlots fermés, hauteurs dépassant rarement les R+5, commerces animant les rez-de-chaussée). Progressivement, en s’éloignant vers le nord-ouest, les tissus pavillonnaires succèdent aux ambiances de « ville ». Édifiés fin XIXème et début XXème siècles, ils utilisent souvent la pierre meulière. La beauté des matières et des teintes de la pierre constitue un élément d’ambiance qui qualifie les paysages. Les quartiers de pavillons peuvent localement présenter des éléments de variété, et proposer, à une échelle de proximité, des éléments de reconnaissance. Vus dans leur ensemble, ils composent un paysage plus répétitif, qui a occasionné des représentations paysagères relatives au type de la rue pavillonnaire "de banlieue", mais pas de représentation localisée.

Les anciens villages de la plaine de Colombes et Gennevilliers (les autres communes sont des créations récentes, Asnières et Courbevoie sont en bord de Seine) apportent une note différente, où l’on peut encore lire une structure patrimoniale, mais ils ont été fortement remodelés. A Colombes, par exemple, un grand immeuble pyramidal à R+17 domine le centre initial du village, auquel il donne un repère.

« Le paysage [de Colombes] est très varié (…) c’est très décousu, très perturbé. C’est une ville qui s’est construite comme beaucoup en banlieue au fil des décennies. D’où une difficulté à définir ce qu’est le paysage urbain de Colombes. (…) Il est très hétéroclite. »
[Extrait d’entretien, Patrick Chaimovitch, maire adjoint à l’urbanisme et à l’aménagement de Colombes]
« Asnières est un cas particulier et très intéressant parce que c’est une ville assez fragmentée, assez hétérogène, ce qui fait d’ailleurs son charme mais avec une grande diversité des paysages : diversité morphologique, mais aussi diversité construite par l’histoire. »
[Extrait d’entretien, Hélène Streiff, Asnières-sur-Seine]

A l’automne 2013, un secteur d’activités de Bois-Colombes (site IBM) fait l’objet d’un renouvellement urbain. Il combine des immeubles de bureaux et un développement de type « haussmannien » : immeubles à l’alignement, hauteurs parisiennes.

Asnières-sur-Seine  en grand format (nouvelle fenêtre)
Asnières-sur-Seine
Les tissus de la partie sud de la sous-unité de la Plaine d’Asnières-Colombes ont des gabarits proches de ceux de Paris, (la porte Maillot n’est qu’à 3,5 km).

Bois-Colombes, quartier neuf, La Garenne-colombes, panneau de chantier  en grand format (nouvelle fenêtre)
Bois-Colombes, quartier neuf, La Garenne-colombes, panneau de chantier
Le quartier neuf adopte les gabarits et l’organisation de la ville haussmannienne, mais avec une architecture plus actuelle. La référence à l’architecture haussmannienne, convoquée dans d’autres situations, raccroche formellement le secteur à Paris.

Pavillons à Colombes  en grand format (nouvelle fenêtre)
Pavillons à Colombes
Les quartiers pavillonnaires occupent de vastes emprises dans la sous-unité. La végétation des jardins, l’utilisation de la meulière, créent le plus souvent des ambiances de qualité, qui renvoient à un certain degré de "charme de la banlieue". Dans certains cas, avec des maisons accolées pouvant atteindre 3 niveaux et occupant un faible linéaire de rue, la densité y est réelle.
Si les clôtures prennent une place prépondérante dans l’espace public, quelques petits passages, les « petites avenues », apportent une échelle originale à l’espace public, en référence à l’ancien parcellaire agricole. La répétition de la typologie pavillonnaire n’offre toutefois pas beaucoup de repères ou d’ancrage au site.

« Nous considérons que [la zone pavillonnaire] est le poumon vert de Colombes, parce qu’il y a des squares, des parcs, et un maillage de rues qu’on appelle ‘les petites avenues’), (…) où on peut se promener facilement à pied avec ses enfants, les poussettes, etc… ce qui est très agréable et donne une vue sur les jardins. »
[Extrait d’entretien, Patrick Chaimovitch, maire adjoint à l’urbanisme et à l’aménagement de Colombes]

Les quartiers pavillonnaires sont également extrêmement valorisés à Asnières-sur-Seine,
où ils sont appelés « ville des jardins » et considérés comme le « bijou » de la commune.

« La zone pavillonnaire est assez exceptionnelle, elle se trouve dans la lignée de celle de Bois-Colombes, de Courbevoie, Bécon, Colombes (…). Souvent la direction de l’urbanisme emploie [pour la qualifier] le mot : « ville des jardins » (…) La ville dispose d’assez peu d’espaces verts. Nous n’avons pas un ratio d’espaces verts par habitant très important. Mais ce manque est atténué par le fait que les jardins privés donnent une impression de verdissement et un cadre assez pittoresque, un patrimoine bâti, de jolies maisons, des villas bourgeoises du XIXe et du début XXe, un tissu pavillonnaire faubourien mais assez joliment restauré. »
« Cette ‘ville des jardins’, qualifiant le tissu pavillonnaire (…) est un vecteur de l’attractivité de la ville. Il faut le préserver. (…) C’est important d’offrir un environnement très qualitatif, si près de Paris, si bien desservi en transport en commun (nous sommes à 10 mn de Saint-Lazare), pour offrir du pavillonnaire et des jardins. »
[Extrait d’entretien, Hélène Streiff, Pierre Chiffre, Asnières-sur-Seine]
Gennevilliers, le « village »  en grand format (nouvelle fenêtre)
Gennevilliers, le « village »
Les gabarits et les tissus donnent une ambiance spécifique du village initial mais sans transition avec son environnement de grandes cités.
« Dans le secteur résidentiel de la commune, nous avons [tout d’abord] un paysage qui est très marqué par le tissu de grands ensembles (…), autour le quartier dit « du centre ville » - bien qu’à Gennevilliers, on cherche un peu le centre ville - (…) et le secteur du village, qui est le tissu ancien Gennevillois. Il est aujourd’hui traversé par le tramway, ce qui à mon sens, a permis de nettement améliorer la qualité des espaces publics du village. »
[Extraits d’entretien, Laurent Govehovitch, Gennevilliers]
Asnières, Bois-Colombes  en grand format (nouvelle fenêtre)
Asnières, Bois-Colombes
La multiplicité des formes bâties et leurs côtoiements parfois brouillons, sans transitions, caractérisent la sous-unité de la Plaine d’Asnières-Colombes. Non patrimoniales, ces formes invitent à énoncer de nouveaux projets.

Gennevilliers, Colombes   en grand format (nouvelle fenêtre)
Gennevilliers, Colombes
Les formes bâties et les formes urbaines se côtoient sans transitions de hauteurs ni d’écriture architecturale. Elles provoquent des « confrontations » : à gauche, à Gennevilliers entre la cité-jardin et l’hôtel de ville, à droite, à Colombe entre l’hôtel de ville et l’immeuble pyramidal voisin. Dans les deux cas, la grande hauteur des bâtiments contribue à créer des repères dans un territoire qui manque de lignes de forces naturelles.


Quelques perspectives, de nombreuses voies ferrées et des tramways

Quelques axes, articulés aux ponts de la Seine comme la RD 908, se distinguent et composent des perspectives dans le tissu de la plaine, ouvrant parfois sur des horizons plus éloignés, des reliefs ou des immeubles repères situés au-delà de la boucle. Mais, dans l’ensemble, et malgré l’importance du territoire urbanisé, les voies ne sont que faiblement hiérarchisées.

De nombreuses voies ferrées, dont la présence a motivé le développement urbain du secteur, recoupent les tissus dans lesquels ils créent des brèches. Ces perspectives, ouvertes généreusement , représentent pour la plaine un potentiel de paysages, permettant des respirations de l’espace, la perception du ciel et de toutes ses variations, et celle du sol, même occupé par les voies du chemin de fer. Aujourd’hui souvent bordées de fonds de parcelles, elles représentent un potentiel de composition de paysages urbains associant plus généreusement les façades environnantes.

A gauche, Bois-Colombes ; à droite, Bécon-les-Bruyères  en grand format (nouvelle fenêtre)
A gauche, Bois-Colombes ; à droite, Bécon-les-Bruyères
Les voies ferrées et leurs dégagements révèlent des perspectives et créent des respirations bienvenues au sein des paysages resserrés et peu différenciés du secteur.


Les lignes de tramway se développent et donnent à l’espace public de nouveaux caractères. Ils créent des liens plus forts entre les tissus contrastés ,et s’accompagnent souvent d’aménagements soignés faisant volontiers appel à la végétation.

Place de Belgique, La Garenne-Colombes  en grand format (nouvelle fenêtre)
Place de Belgique, La Garenne-Colombes
La ligne de tramway qualifie l’espace public et redonne du lien au territoire. Elle occasionne aussi des projets immobiliers dont certains pourront transformer positivement le paysage, notamment grâce à l’architecture.